La Miséricorde

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Dans le judaïsme et en Islam, le mot « Miséricorde » renvoie à la figure maternelle. En hébreu, le mot « rah’amim » désigne le sein maternel, en arabe, le mot « rahma » désigne l’utérus maternel. Ces deux définitions renvoient à la protection de celui qui va naître, la protection du prochain.
Dans le christianisme, la Miséricorde de Dieu « n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle il révèle son amour (…) Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon. ».

Pour les trois religions monothéistes, ce terme souligne donc la compassion divine à l’égard des mortels mais également, pour le croyant, le rapport aux autres.

Dans le judaïsme et en islam, la Miséricorde est à la fois un attribut et un nom de Dieu. Cette dénomination appuie également sur le lien intime qui lie Dieu à Ses Créatures.

On le trouve dans le chapitre de l’Exode [34 :6] sous le nom d’Adonaï qui désigne en particulier le Dieu de miséricorde : « La Divinité passa devant lui, et proclama : “Adonaï est l’Etre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité ».

Dans le Coran, sur 114 sourates, 113 commence par « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » (Bismi llah, ar-Rahman, ar-Rahim en arabe).

« Ar-Rahman » et « Ar-Rahim » ont pour racine le verbe « RaHiMa » ; si les deux termes semblent similaires, pour la majorité des savants musulmans, le nom « Ar-Rahman » est exclusivement réservé à Dieu.  Il est plus spécifique que le terme « Ar-Rahim » qui peut être utilisé pour désigner un être humain. Selon l’Imam Abû Hâmid al-Ghazâlî, « Ar-Rahman « est proche du Nom Propre et renvoie notamment au verset 110 de la sourate Le Voyage Nocturne[1] : « Dis-leur : « Appelez-Le « Dieu » dans vos prières ou appelez-Le « le Miséricordieux ». Sous quelque nom que vous L’invoquiez, les plus beaux noms sont toujours les Siens ! (…) ». Une sourate s’intitule également la Sourate du Miséricordieux[2] et débute ainsi : « Le Miséricordieux a enseigné le Coran, créé l’homme et lui a appris à s’exprimer clairement ».

Dans la Sunna du Prophète[3], Sayyidunâ Abû Hurayrah rapporta que Muhammad a dit : « Lorsque Dieu créa le monde, Il écrivit à Son Sujet : « En vérité, Ma miséricorde l’emporte sur Ma colère »[4]

Cette parole renvoie au fait Dieu sait que l’homme est « habité » par le bien et le mal, et que ce dernier doit apprendre à éloigner le mal et se rapprocher le plus possible de Dieu en travaillant sur soi, sur ses comportements avec autrui. L’oubli, la négligence font partis des faiblesses de l’être humain. Il devra donc être actif et non passif. La méditation, la patience, la sincérité, l’ascétisme lui permettront de recevoir la Miséricorde de Dieu et de revenir à Lui. Cela renvoie à la sourate des Hommes[5] : « Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes, le Roi des hommes, le Dieu des hommes, contre le mal du tentateur perfide, qui suggère insidieusement le mal aux hommes, que ce tentateur appartienne aux génies ou aux hommes ».

[1] Sourate 17
[2] Sourate 55
[3] Sunna : ensemble des actes et des dires du Prophète Muhammad appelé Hadith. Elle représente la deuxième source scripturaire en Islam après le Coran.
[4] Rapporté par Bukhari dans son recueil n° 7554 et Muslim dans son recueil n° 2751
[5] Sourate 114 : dernière sourate du Coran

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