Les quatre sources du droit musulman : le consensus (3/4)

Publié le Publié dans Glossaire

par Abdelghani Benali,
Professeur à l’université de La Sorbonne, Maître de conférences Science-Po Paris, Professeur de sciences islamiques à l’IESH, Membre du conseil Théologique Musulman de France

Le terme arabe ijmâ ‘ signifie le consensus sur un cas juridique de tous les moujtahid d’une même époque postérieure à celle du Prophète. Lorsqu’un cas juridique se présente à une époque donnée, et que tous les moujtahid s’accordent pour prononcer un même avis le concernant, leur accord est appelé ijmâ’ (consensus). Le jugement résultant de ce consensus acquiert le statut de loi religieuse.

Dans la définition, il est bien précisé que l’on ne parle de consensus ijmâ’ qu’après la mort du Prophète.

En effet, de son vivant, c’est à lui que revenait la tâche de prononcer des avis juridiques qui ne donnaient alors pas lieu à des conflits d’opinion. Sans conflit à son époque, on ne peut donc utiliser le terme consensus.

Les conditions du consensus

Les conditions du consensus (al-ijmâ’) se déduisent de sa définition, qui stipule qu’il n’est prononcé que par les moujtahid d’une même époque.

Synthèse des genres de consensus :

Il existe deux types consensus (al-ijmâ’) :

  1. Le consensus explicite (al-ijmâ’ as-sarîh) : tous les moujtahid d’une époque donnée expriment leur accord sur un avis juridique de manière explicite. Chacun d’eux prononce une fatwa ou un jugement qui conforte cet avis. Donc ils affirment leur consensus par un acte ou une parole.
  2. Le consensus implicite al-ijmâ’ as-sakoûtî : une partie des moujtahid d’une époque quelconque s’expriment clairement sur un cas juridique, en rendant un jugement ou en prononçant une fatwa ; le reste des moujtahid n’exprime aucun avis, ni pour ni contre celui des premiers.

 

 

 

 

 

 

©Les fondements du droit musulman – Abdelghani Benali

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