Module 1 : Les piliers de la foi en Islam – La prédestination (6/6)

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Ce dernier pilier est l’un de ceux qui suscite le plus de débats au sein des religions monothéistes. En effet, comment est-il possible de concilier le libre arbitre humain et la prédestination ?

Cet élément de la foi découle de l’omniscience prééternelle de Dieu : Dieu, de toute éternité, sait toutes les possibilités. Ce qui est possible est infini, et pour chaque cas de création possible, Dieu connaît les tenants et les aboutissants.

La prédestination n’est pas uniquement liée à ce qui est terrestre, cela va au-delà : « Cependant, vous ne saurez vouloir, à moins que Dieu veuille. Et Dieu est omniscient et sage »[1]

La prédestination s’intéresse « à ce qui attend les hommes après leur mort, pour l’éternité. La justice divine fera en sorte qu’au jour du Jugement dernier chaque âme reçoive à proportion de ce qu’elle aura acquis au cours de sa vie »[2]

Cela fait référence notamment à deux versets coraniques :

« Dieu a créé, en toute vérité, les Cieux et la Terre, afin que chaque âme soit rétribuée selon ses acquis, sans que personne ne soit lésé. »[3]

« qu’aucune âme ne sera chargée des péchés d’une autre âme, que l’homme ne récoltera que les fruits des efforts qu’il aura lui-même déployés et qui seront appréciés à leur juste valeur pour être ensuite amplement récompensés »[4]

Mais alors qu’en est-il du libre arbitre de l’être humain ? Celui-ci est certes responsables de ses actes et libre de ses choix tout au long de sa vie sous couvert qu’au jour du Jugement dernier : « Nous avons rendu tout homme responsable de sa destinée et, le Jour de la Résurrection, Nous lui présenterons un livre qui sera, sous ses yeux, étalé. « Lis ton livre ! Aujourd’hui, tu seras seul à te demander des comptes. Quiconque suit le droit chemin le suit dans son propre intérêt et quiconque s’égare ne s’égare qu’à son propre détriment. Nul n’aura à assumer les péchés d’autrui. Nous n’avons jamais sévi contre un peuple, avant de lui avoir envoyé un messager. »[5]

La responsabilité de l’être humain dans sa courte vie se résume donc à une perpétuelle prise de décision et des choix à faire.

Dieu a certes rendu l’homme responsable mais Il lui a facilité la tâche. Beaucoup d’éléments doivent en principe permettre à l’homme de mettre en harmonie plus facilement es actes et les commandements divins :

  • Dieu a créé l’Homme avec la fiṭra (la pureté originelle) qui devrait lui permettre de reconnaître naturellement son Seigneur ;
  • Dieu l’a pourvu d’une raison qui devrait lui permettre de discerner le bien du mal et de comprendre le message divin ;
  • Dieu l’a pourvu d’une volonté qui devrait lui permettre d’agir en fonction des commandements divins ;
  • Dieu lui a envoyé des messagers et lui a montré ce qui Lui plaît et ce qui Le met en colère ;
  • Dieu ne commande que le bien et interdit le mal ;
  • Dieu ne charge pas l’homme au-delà de ses capacités (la maladie…) ;
  • Dieu encourage et stimule l’enthousiasme de l’homme par la promesse du Paradis céleste.

Dieu a également posé le principe selon lequel, celui qui accepte dans l’intimité de son cœur le message des prophètes recevra Sa guidance.

Seul Dieu peut déceler en l’homme le désir de cheminer vers Lui, le désir de connaître la vérité et le droit chemin. Cette volonté intime suffit à elle seule pour faire bénéficier au croyant de la grâce divine.

Références

[1] Sourate 76, L’homme, verset 30

[2] Le Coran – Une synthèse d’introduction et de références pour éclairer le contexte, les épisodes, les valeurs et l’actualité du texte – Ghaleb Bencheikh – Editions Eyrolles – 2015

[3] Sourate 45, verset 22

[4] Sourate 53, L’Etoile, versets 38-41

[5] Sourate 17, Le Voyage nocture, versets13-15

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