Module 2 : Les piliers de l’Islam – Les actes cultuels – La prière (2/5) -Introduction

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Pour aborder le deuxième pilier de l’Islam, la prière, commençons par un poème de Victor :

« Heureux l’homme, occupé de l’éternel destin,
Qui, tel qu’un voyageur qui part de grand matin,
Se réveille, l’esprit rempli de rêverie,
Et, dès l’aube du jour, se met à lire et prie !
A mesure qu’il lit, le jour vient lentement
Et se fait dans son âme ainsi qu’au firmament.
Il voit distinctement, à cette clarté blême,
Des choses dans sa chambre et d’autres en lui-même ;
Tout dort dans la maison ; il est seul, il le croit ;
Et, cependant, fermant leur bouche de leur doigt,
Derrière lui, tandis que l’extase l’enivre,
Les anges souriants se penchent sur son livre. »

A la lecture de ce poème, la prière est une lumière qui illumine l’âme humaine, elle est une quête de vérité. La prière est un moment privilégié qui lie le musulman à son Créateur et qui entretient le lien initial : la foi.

Ainsi Dieu enjoint le croyant d’accomplir la prière pour se souvenir de Lui et L’invoquer : « […] Accomplis la prière pour M’avoir en ta pensée » [20 :14]

L’entrée de la prière en Islam :

Le Prophète Muhammad reçu la prière lors du voyage nocturne. Ce voyage nous le retrouvons dans la sourate 17 intitulée « le Voyage nocturne » entièrement consacré à cet évènement. Elle commence ainsi : « Gloire à Celui qui fit voyager de nuit Son Serviteur de la Mosquée sacrée à la Mosquée la plus éloignée dont Nous avons béni les alentours, afin de lui faire découvrir certains de Nos signes ! Dieu, est, en vérité, l’Audient et le Clairvoyant ».

Pour relater ce récit, nous vous proposons ici le texte de Muhammad Hamidullah, extrait de son livre « Le Prophète de l’Islam : sa vie, son œuvre ». Les faits sont relatés selon la narration d’al-Bukhârî.

« Le Prophète était couché pendant une nuit, et se sentait entre l’état de veille et le sommeil quand Gabriel arriva, ouvrit la poitrine du Prophète et lava son cœur. Il lui présenta ensuite une monture, nommée Burâq, sous la forme d’un animal de luxe ; et de la Ka’ba ils montèrent directement au premier ciel. Les gardiens ouvrirent la porte, et Muhammad y rencontra Adam qui l’accueillit. Puis, dans le deuxième ciel, il y avait les deux cousins, Jésus et Jean-Baptiste (Yahyâ) ; dans le troisième, Joseph ; dans le quatrième, Enoch (Idrîs) ; dans le cinquième, Aaron ; dans le sixième, Moïse ; et dans le septième, Abraham qui se reposait adossé au mur de la mosquée al-Bait al-Ma’mûr (apparemment c’est celle-ci que le Coran dans la sourate 17 verset 1 nomme « la mosquée la plus lointaine »). Plus loin, la limité était marquée par un jujubier (sidrah [53 :14]. Gabriel dit : « si j’avance au-delà de cette limite, je serai brûlé par la transfiguration divine (Tajallî), mais toi, tu es invité, avance. » Gabriel lui indiqua le chemin au-delà du jujubier de la limite, pour parvenir jusqu’au seuil de la présence divine. Muhammad en route entendit d’abord le bruit des plumes qui rédigeaient les décisions et les déterminations divines (on dirait aujourd’hui le bruit des machines à écrire des bureaux du secrétariat) ; puis il arriva dans l’Enceinte de la Sainteté, là où, selon le Coran [53 :9], il n’y avait que la distance de deux arcs ou même moins.

Muhammad présenta ses salutations : « Les salutations bénies, pures et sincères à Dieu ! »

Dieu répond : « La paix sur toi, ô Prophète, ainsi que la Miséricorde et les bénédictions divines ».

Muhammad reprend : « La paix sur nous ainsi que sur ceux des esclaves de Dieu qui agissent en bien ».

Ensuite « Dieu révéla donc vers Son esclave (Muhammad) ce qu’Il « révéla », dit le Coran [53 :10], qui ajoute [17 :23-39] la révélation de douze commandements – en pareille occasion Dieu avait donné dix commandements à Moïse (…) ; enfin Dieu prescrivit les cinq offices de prière quotidiens (à l’origine, il y en avait 50, mais plus tard, lors du voyage de retour, sur le conseil de Moïse, Muhammad regagna le seuil divin pour demander la réduction du nombre, et cela finit par n’être que 5, dont chacun a le mérite de dix office [6 :160]). Gabriel lui fait visiter en passant, le Paradis et ses bonheurs et ceux qui les méritent ; de même l’Enfer et ses horreurs et ceux qui les méritent. Du ciel, on descend à Jérusalem, où tous les anciens Prophètes l’accueillent, et lui demandent de diriger comme imâm leur office de prière (leur ministère n’était-il pas terminé, et le sien n’avait-il pas commencé !). Puis on rentre à La Mecque, où Muhammad se réveilla dans la cour de la Ka’ba. »[1]

C’est ainsi que l’on qualifie la prière comme le pilier central des piliers de l’islam. Elle représente avec la foi (al-imân) la base de la croyance musulmane. C’est le seul élément du culte musulman qui a été prescrit lors d’une magnifique cérémonie céleste. La Prophète a reçu ce commandement directement de Dieu, la nuit de son ascension vers le Ciel.

La prière, don de Dieu accordé à l’être humain, s’inscrit dans « l’enseignement et l’exemple des grands Prophètes auxquels Dieu recommanda la prière comme l’un de leurs premiers devoirs »[2]

Références coraniques


[1] Le Prophète de l’Islam, sa vie, son œuvre – Muhammad Hamidullah – Librairie El Falah p111-112
[2] La prière en Islam – Eva de Vitray-Meyerovitch Edition Albin Michel 2003 – p 33

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